
Trouver sa voie: quand l'incertitude devient un passage obligé
Lorsqu'on atteint la majorité, se pose généralement la question de notre orientation.
« Alors, tu veux faire quoi plus tard ? »
La question paraît banale, presque automatique. Pourtant, pour beaucoup, elle résonne comme une angoisse grandissante. Trouver sa voie est devenu un impératif social, presque une course contre la montre, surtout chez les jeunes adultes. Mais si se chercher était, en réalité, une étape normale et nécessaire de la construction de soi ?
Trop jeune pour choisir
Dès le lycée, une certaine pression sociale s'installe. À 17 ou 18 ans, il est demandé de se projeter sur toute une vie professionnelle. Et si une minorité a déjà une idée précise du futur, pour beaucoup, c'est un exercice complexe. Comment savoir ce que l'on désire faire lorsque l'on se connaît à peine ? Le lycée apprend aux jeunes adultes une certaine conformité, d'autant plus frappante en filière générale, qui représente 42% des bacheliers (selon le site du gouvernement).
Résultat : beaucoup avancent par défaut, par peur de se tromper ou pour répondre aux attentes familiales et sociales.
Mais choisir tôt ne garantit pas l'épanouissement. Comment décider de l'avenir lorsque les enseignements dits "classiques" du lycée n'offrent pas l'opportunité de découvrir des filières spécifiques telles que la psychologie, le droit ou encore l'art ?
Heureusement aujourd'hui le monde évolue et les trajectoires aussi. Les parcours linéaires sont devenus l'exception.
Se perdre pour apprendre à se connaître
En 2024, 169 000 étudiants en première année post bac se réorientaient sur Parcoursup (source: l'Étudiant). Trouver sa voie passe souvent par une phase de flou, une phase de test et d'expérience. Doutes, comparaisons, sentiment d’être "à la traîne"; des émotions inconfortables que grand nombre de jeunes adultes ressentent. Mais ces moments de remise en question permettent de faire le tri : ce que l’on veut vraiment, ce que l’on ne veut plus. Et parfois cela nécessite plusieurs années avant de faire sens. Parfois ces remises en question nécessitent plusieurs années d'expérimentation: une année de césure, plusieurs réorientations, un engagement dans un emploi, des stages...
Tout cela constituent de véritables expériences révélatrices. Au fur et à mesure, elles construisent un chemin plus aiguisé de la voie professionnelle mais aussi personnelle. On y découvre des qualités, on prend conscience de ses affinités et parfois on y trouve une vocation.
La quête de sens
Aujourd’hui, trouver sa voie ne se résume plus à décrocher un CDI ou un titre prestigieux. Beaucoup recherchent avant tout du sens, de la cohérence entre leurs valeurs et leur quotidien professionnel. Utilité sociale, équilibre de vie, liberté, créativité : les critères ont évolué. Les réseaux sociaux ont notamment démocratisé cela en représentant un monde plus ouvert, tolérant et dans l'acceptation d'être soi et de vivre pour soi.
Cette quête explique aussi pourquoi certains prennent le temps. Tester, explorer, se tromper devient une manière de se rapprocher de ce qui compte vraiment. Il n'existe plus de parcours dit "classique".
La fatalité n'existe plus
Les jeunes générations n'ont plus la même vision du travail. Aujourd'hui, on considère qu'il n'existe plus qu'une seule voie figée à jamais. Chaque année plus d'1,4 millions d'actifs changent de métier.
La vie professionnelle ressemble davantage à un chemin qui se redessine au fil des expériences, des rencontres et des évolutions personnelles.
Trouver sa voie, c'est une construction de soi. C’est accepter de se poser les bonnes questions, définir ses priorités et dans un idéal pas toujours atteignable pour certains, allier plaisir et travail. Et surtout, comprendre qu’il n’y a pas de retard quand on avance vers soi-même.
Quelques pistes :
Les sites à consulter afin d'y voir plus clair dans ses choix d'orientation:
L'étudiant: https://www.letudiant.fr
L'Onisep: https://www.onisep.fr
Parcoursup : https://www.parcoursup.gouv.fr
Mais aussi participer aux salons étudiants, aller aux portes ouvertes des écoles, consulter les réseaux sociaux des universités, prendre rendez-vous avec le psychologue scolaire, prendre contact avec des étudiants, etc.
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